Gestion des risques sanitaires

Comment gère-t-on les risques sanitaires à partir des résultats de la surveillance

Gestion du risque microbiologique

Classement sanitaire des sites de pêche à pied récréative :

Contrairement à la conchyliculture (élevages de coquillages) ou de la pêche à pied professionnelle qui bénéficient d'un cadre juridique à tous les maillons de leurs activités, la pêche à pied récréative ne dispose pas de réglementation spécifique.

La réglementation sur la qualité sanitaire des coquillages vis à vis de la pêche à pied non professionnelle et pour la contamination microbiologique est approchée par l'article 231-43 du code rural et de la pêche maritime.

Cependant il n'informe que sur la qualité sanitaire des sites déjà classés professionnellement : "la pêche à titre non professionnel des coquillages vivants destinés à la consommation humaine ne peut être pratiquée dans les zones de production que sur les gisements naturels situés dans les zones A ou B".

Il n'existe donc pas de classement sanitaire officiel des zones de pêche à pied de loisirs. Toutefois afin d'évaluer la qualité sanitaire globale des gisements non classés pour les professionnels, l'ARS Bretagne établit un suivi et des consignes sanitaires sur ces zones, selon des règles adaptées du classement des zones professionnelles.

Rappelons également que les pêcheurs à pied ne disposent pas des procédés d'épurations des coquillages des professionnels (reparcage, bassin de purification).

Après l’obtention des résultats des analyses du réseau de l’Ifremer et du réseau de l’Agence Régionale de Santé Bretagne, un classement non réglementaire, mais respectant le code rural et spécifique à la pêche de loisir, calculé à partir des données des trois dernières années avec le complément de dires d'experts, a été créé :

*Chair et Liquide Intervalvaire

La qualité est déterminée en fonction des pourcentages de dépassement de quatre seuils de qualité microbiologique définis par l'indicateur de la contamination fécale, l'Echerischia coli (nombre de bactérie pour 100 g de chair et de liquide intervalvaire du coquillage) : 230, 1000, 4600 et 46000.

Une consigne sanitaire est associée à chaque classe de qualité indiquant si la pêche est :

          - autorisée sans restrictions particulières

          - tolérée

          - déconseillée

          - interdite

Des recommandations sanitaires sont associées à chaque consigne.

Une fiche de synthèse est générée pour chaque zone de pêche à pied faisant l'objet d'une surveillance sanitaire. Cette fiche indique la localisation du site, sa consigne (site toléré, interdit...), le coquillage utilisé pour les analyses, une synthèse des résultats avec la qualité sanitaire du gisement.

C'est le format de communication sur les risques sanitaires que vous retrouverez en cliquant sur le point qui vous intéresse, sous l'onglet "ETAT des sites de pêche". Pour une meilleure interprétation des fiches bilans sur les risques sanitaires des zones suivies, consulter la fiche descriptive :

Fiche desriptivePour chaque zone de pêche à pied récréative faisant l'objet d'une surveillance, une fiche bilan sur le risque sanitaire est générée afin d' informer sur la qualité du gisement et de conseiller le pêcheur à pied. La fiche descriptive présente chaque composant des fiches bilan.

Une fois que les zones sont classées pour telle ou telle qualité, en cas de dépassements ponctuels du seuil associé, une alerte est émise. Les administrations peuvent alors décider de mettre en place des mesures d'interdiction de pêche.

Des alertes préventives peuvent également être lancées en cas de suspicion de contamination (accident sur un réseau d 'assainissement, forte pluviométrie...).

Si les contaminations persistent dans le temps, les alertes sont maintenues jusqu'à avoir deux bons résultats successifs à raison d'un prélèvement hebdomadaire.

Revenir sur la contamination microbiologique          → Revenir sur la surveillance de la contamination microbiologique

Gestion du risque associé aux phycotoxines

Le risque associé aux phycotoxines est géré au sein du réseau de surveillance REPHY. Dans un premier temps les espèces de phytoplancton potentiellement toxique sont recherchées tout les quinze jours dans l'eau. Si les seuils sanitaires de ces espèces sont dépassés (nombre de cellule de phytoplancton par litre), les phycotoxines potentiellement produites sont recherchées dans les coquillages. Pour en savoir plus sur les détails du REPHY sanitaire : cliquez ici.

Si les phycotoxines dépasse à leur tour les seuils sanitaires dans les coquillages les administrations sont alertés et prennent en général des mesures administratives (interdictions temporaires...). Pour qu'une alerte soit levée il faut obtenir deux semaines de suite des résultats favorables à raison d'un prélèvement hebdomadaire.

Il est important de noter que contrairement à la contamination microbiologique (ou contamination fécale) qui est la plupart du temps localisé sur une baie précise, la contamination associé aux phycotoxines peut toucher des zones beaucoup plus vaste car elle provient du large.

Revenir sur la contamination par les phycotoxines        → Revenir sur la surveillance de la contamination des phycotoxines

Gestion du risque chimique

Il est rare d'observer un dépassement de seuil sanitaire pour les espèces chimiques dans le cadre du ROCCH. Ce réseau à pour but de suivre les évolutions des contaminations chimiques moyennes et celle-ci sont à évolution lente. Les secteurs contaminés sont connus et concerne surtout l’embouchure des principaux fleuves (Seine et Gironde) et les secteurs à proximité des activités littorales polluantes reconnues (ports, exutoires de station d’épuration, industries…). Partout ailleurs, le bruit de fond de cette contamination reste en dessous des seuils sanitaires.

La contamination chimique chronique des gisements naturel est rare. Le risque chimique est plus souvent la conséquence d'événements accidentels (accident industriel sur le bassin versant, incendie d’entrepôt, échouage, marées noires…). Le suivi de ces contaminations font l'objet d'actions spécifiques au cas par cas.

Revenir sur la contamination chimique        → Revenir sur la surveillance de la contamination chimique

Amélioration de la qualité des eaux

En Bretagne, de nombreux programmes d’actions sont menés à différentes échelles pour améliorer la qualité des eaux littorales. Ils visent la diminution des rejets dans les eaux côtières de nombreux contaminants : germes microbiens, nitrates, pesticides, contaminants chimiques...

Ces actions portent sur l'identification et la hiérarchisation des sources de contamination les plus contributrices, la rénovation des ouvrages d'assainissement, la réhabilitation des assainissements autonomes défaillants, l’amélioration des pratiques agricoles, la maîtrise des pollutions d’origine maritime (rejets portuaires, plaisance), l'amélioration continue de la surveillance du milieu naturel.

La diminution des contaminations microbiologiques fait notamment l'objet d'efforts particuliers dans le cadre des plans d’actions mis en œuvre par les collectivités suite aux profils de baignades, des contrats territoriaux de bassins versants ou des Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SAGE).