Surveillance sanitaire

Comment surveille-t-on la qualité des coquillages vis à vis des différentes contaminations potentielles ?

Réseaux de surveillance

La surveillance des zones fréquentées en pêche à pied est assurée conjointement par l'Agence Régionale de Santé et l'Ifremer en Bretagne.

Surveillance de la contamination microbiologique (ou contamination fécale)

Les DTARS (Délégation Territoriale de L'Agence Régionale de Santé) surveillent globalement les sites de pêche à pied de loisirs, complétés par les résultats de l’IFREMER qui s'occupe des sites professionnels qui sont aussi fréquentés par les pêcheurs à pied de loisir sur les gisements naturels. Cela représente une centaine de site de pêche surveillés en Bretagne.

En raison de la diversité des germes pathogènes, de leur recherche plus délicate en laboratoire et de leur faible présence dans l'environnement, un paramètre unique, l'entérobactérie Escherichia coli est utilisée comme traceur des contaminations microbiologiques. L'E.coli est d'origine exclusivement fécale et est présente en grande quantité dans les fécès. Cette bactérie, le plus souvent non-pathogène elle-même, est analysée pour indiquer la présence d'une contamination fécale des coquillages et en quelle quantité. Elle informe sur la probabilité de la présence d'autres germes pathogènes. Plus elle est présente et plus la probabilité de présence d'autres germes pathogènes, et donc le risque sanitaire, augmentent. Son unité est "nombre / 100 g CLI", pour nombre d'Escherichia coli pour 100 grammes de Chair et de Liquide Intervalvaire.

Les prélèvements pour les analyses microbiologiques sont effectués sur la plupart des sites tous les mois et porte uniquement sur les coquillages bivalves (huîtres, moules, coques, palourdes, praires...).

Les réseaux de surveillance de la contamination microbiologique (ou contamination fécale) :

-    Réseau REMI

L’Ifremer a mis en place un REseau MIcrobiologique de contrôle des zones de production professionnelles : le REMI. Les points suivis par ce réseau se trouvent sur des gisements exploités professionnellement ou situés au sein de zones d’élevage de coquillages. Ces gisements sont également très fréquentés par des pêcheurs amateurs, le réseau REMI complète donc utilement le réseau de suivi de pêche de loisirs des DTARS.

-    Réseaux DTARS

D’autres gisements naturels ne sont fréquentés que par la pêche à pied récréative et font l’objet d’un suivi sanitaire par les DTARS selon certaines conditions. En effet, pour qu’un point de surveillance soit établi, il faut que le gisement représente un intérêt sanitaire, qu'il soit accessible, assez abondant et fréquenté par des pêcheurs à pied.

Pour chacun des réseaux, la position des points de suivi est choisie de manière protectrice, au-devant des sources potentielles de contamination de chaque zone.

 Revenir sur la contamination microbiologique        → Aller vers la gestion du risque microbiologique

Surveillance de la contamination des phycotoxines (REPHY)

La surveillance du phytoplancton et des toxines est organisée dans le cadre du réseau REPHY, créé en 1984 et coordonné par l’Ifremer. Ce réseau national vise à la fois des objectifs environnementaux et sanitaires.

Son objectif sanitaire est de détecter les espèces phytoplanctoniques potentiellement productrices de toxines puis de rechercher ces toxines dans les coquillages des zones d’élevage ou des gisements naturels exploités par des professionnels.

La stratégie retenue pour le risque lié aux toxines (DSP, PSP et ASP) est basée sur la détection dans l’eau des espèces décrites comme productrices de toxines, qui déclenche en cas de dépassement d’un seuil d’alerte phytoplancton, la recherche des  phycotoxines correspondantes dans les coquillages. Dans un premier temps on recherche le phytoplancton dans l'eau, puis les phycotoxines dans les coquillages si besoin.

Les toxines lipophiles (DSP) pouvant être toxique sans que l'on puisse détecter les phytoplancton associé dans l'eau, une surveillance systématique des coquillages est assurée dans des zones à risque et en période à risque : celles-ci sont définies à partir des données historiques et régulièrement actualisées.

Sur les gisements naturels de coquillages fréquentés exclusivement par les pêcheurs amateurs, il n’y a pas de suivi spécifique du phytoplancton toxique et des toxines. Les résultats acquis sur un point de surveillance dans le cadre du réseau REPHY s'appliquent également aux zones de pêche à pied récréative à proximité.

 Revenir sur la contamination par les phycotoxines        → Aller vers la gestion du risque associé aux phycotoxines

Surveillance de la contamination chimique (ROCCH)

Le Réseau d'Observation de la Contamination Chimique du milieu marin (ROCCH), est le principal outil de connaissance des niveaux de contamination chimique du littoral. Il a remplacé en 2008 l'ancien Réseau National d'Observation de la qualité du milieu marin (RNO), créé en 1974 et coordonné par l’Ifremer. Son objectif principal est d'évaluer les niveaux et les tendances de la contamination chimique du littoral et des paramètres généraux de la qualité du milieu. La surveillance des contaminants chimiques est effectuée dans les trois matrices marines, eau, biote et sédiment.

Les analyses à intérêt sanitaire sont réalisées dans les coquillages deux fois par an. Cette surveillance porte sur les trois métaux réglementés, mercure, plomb, cadmium ainsi que sur les hydrocarbures (HAP), les dioxines, les PCB (PCB et PCB dl), pour un nombre plus réduit de point de surveillance, plus sujets à risques pour ces substances.

 Revenir sur la contamination chimique        → Aller vers la gestion du risque chimique

Epidémiologie et surveillance (TIAC)

En France, il existe un réseau national de recensement des épisodes d’intoxications alimentaires collectives ou toxi-infections alimentaires collectives (TIAC). Les TIAC (définies comme l’apparition d’au moins deux cas groupés similaires, avec une symptomatologie en général gastro-intestinale et dont on peut rapporter la cause à une même origine alimentaire) sont en effet des maladies infectieuses à déclaration obligatoire.

La surveillance des TIAC est assurée par l’Institut de veille sanitaire via la déclaration obligatoire (DO) effectuée auprès des autorités sanitaires et les données provenant du Centre national de référence (CNR) des salmonelles, une des familles de bactéries les plus fréquemment incriminées dans des TIAC. En raison de la fugacité des symptômes, qui plus est généralement relativement bénins, les TIAC restent globalement sous-déclarées, en particulier les TIAC familiales.   

Entre 1996 et 2010, 5% des TIAC ont été reliées à la consommation des coquillages. 4% ont nécessité une hospitalisation (aucun décès recensé à l’heure actuelle).

Les principaux agents à l’origine des TIAC coquillères sont en premier lieu les virus entériques et les biotoxines marines, puis les salmonelles et les entérotoxines de vibrions.